Alors que le département de Loire-Atlantique vient de rejoindre l’Open Data Charter, OpenDataFrance a posé 3 questions à Danielle Cornet, Vice-présidente Jeunesse et citoyenneté, égalité femmes/hommes, éducation populaire, enjeux bretons concernant cette signature et les enjeux pour la donnée territoriale.
1. Qu’est-ce qui a motivé le Département de Loire-Atlantique à rejoindre l’Open Data Charter, et quels engagements concrets cela implique-t-il pour votre collectivité dans les prochains mois ?
Le Département de Loire-Atlantique est engagé de longue date en faveur de l’ouverture des données publiques. Dès 2011, nous avons fait le choix de l’open data comme levier de transparence démocratique et d’amélioration de l’action publique. Rejoindre aujourd’hui l’Open Data Charter s’inscrit dans une volonté claire de réaffirmer et renforcer cet engagement, dans un contexte où les attentes des citoyens en matière de transparence, de lisibilité et de confiance sont plus fortes que jamais. Cette démarche est pleinement cohérente avec nos autres engagements, notamment la charte probité et déontologie adoptée en mai 2022, qui pose un cadre exigeant pour une action publique responsable et exemplaire.
L’adhésion à l’Open Data Charter marque aussi une nouvelle étape structurante pour notre collectivité. Elle accompagne la publication de notre feuille de route open data 2025-2028. Concrètement, cela implique plusieurs engagements dans les prochains mois : renforcer la sensibilisation et l’acculturation des élus, des agents et des citoyens aux enjeux et aux usages de l’open data, remettre au cœur du débat public la question de l’ouverture des données, de ses valeurs – transparence, participation citoyenne, innovation – et de ses objectifs au service de l’intérêt général. À travers cette démarche, nous souhaitons consolider une culture partagée de la donnée, au bénéfice des habitants, des acteurs du territoire et de la qualité de nos politiques publiques.
2. Quels jeux de données comptez-vous mettre en avant en priorité ? Quels sont ceux qui ont le plus d’impact pour les citoyens, les entreprises ou les chercheurs du territoire ?
Le Département de Loire-Atlantique a mis en place un label identifiant les jeux de données répondant à un haut niveau de service : les données de référence départementales. Une donnée de référence est une donnée fraîche, structurée, normée, complète, documentée, exploitable par des systèmes de traitement automatisé, unique et clairement identifiée comme telle.
Cette exigence de qualité et de fiabilité constitue notre priorité afin de répondre au mieux aux attentes des habitants, des chercheurs et des acteurs économiques du territoire.
À ce jour, trois jeux de données ont été labellisés : la liste des conseillers et conseillères départementales, la représentation du Département au sein d’instances extérieures et le mode d’occupation des sols. Le Département souhaite poursuivre cette démarche en labellisant de nouveaux jeux, notamment celui des délibérations, priorisé car inscrit dans le socle commun des données locales, ainsi que les jeux relatifs aux arrêtés et décisions.
Une attention particulière est également portée aux jeux de données liés aux mobilités sur le territoire : informations routières, alertes mobilité, aires de covoiturage, liaisons cyclables ou conditions de circulation. Ces données, très attendues par nos concitoyens, ont un impact direct et concret sur le quotidien, les déplacements et la qualité de vie. Elles présentent en outre un fort potentiel de réutilisation pour les acteurs économiques et les chercheurs, notamment autour des enjeux d’aménagement du territoire et de transition écologique.
3. Comment le Département envisage-t-il d’animer la communauté des réutilisateurs pour que ces données ouvertes créent réellement de la valeur sur le territoire ?
Pour que l’open data produise une réelle valeur sur le territoire, l’animation d’une communauté de réutilisateurs est en effet un levier essentiel. Toutefois, avant de pouvoir l’animer efficacement, il nous semble indispensable de mieux connaître cette communauté. Nous devons d’abord identifier qui sont les réutilisateurs actuels ou potentiels de nos données – qu’il s’agisse d’acteurs économiques, associatifs, académiques, citoyens ou internes à la collectivité – et comprendre les usages qu’ils font ou pourraient faire des données départementales.
C’est dans cette perspective que le Département envisage de conduire prochainement une enquête dédiée, afin de recueillir leurs attentes, leurs besoins, mais aussi les éventuels freins rencontrés dans l’accès ou la réutilisation des données ouvertes. Ces retours nous permettront d’adapter notre stratégie d’animation et d’accompagnement de manière ciblée et pertinente.
En fonction des résultats, plusieurs formes d’actions pourront être envisagées : amélioration de la qualité et de la lisibilité des jeux de données, actions de valorisation des réutilisations existantes, temps d’échanges ou de sensibilisation, voire la mise en place de partenariats ou d’initiatives collaboratives. L’objectif est de construire une démarche progressive, fondée sur les usages réels du territoire, afin que l’open data soit pleinement un outil au service de l’innovation, de la transparence et du développement local.