Aller au contenu
Accueil / Les actualités / 3 questions à Jean-Claude Cuvillier, directeur général des services de la Communauté de Communes Cœur de France

3 questions à Jean-Claude Cuvillier, directeur général des services de la Communauté de Communes Cœur de France

OpenDataFrance a rencontré Jean-Claude Cuvillier de Coeur de France autour de 3 questions sur les initiatives et les bénéfices de l’action Open Data pour la communauté de communes.

1. Quelles sont les principales initiatives mises en œuvre dans le domaine de l’ouverture, de la réutilisation et de la valorisation des données ?

À la Communauté de communes Cœur de France, nous avons souhaité aborder l’open data non comme une obligation réglementaire, mais comme une méthode de gouvernance.

Notre première initiative a consisté à structurer nos propres données avant même de les publier. Une donnée ouverte n’a de valeur que si elle est fiable, documentée et comprise par ceux qui la produisent. Nous avons donc engagé un travail de qualification, de normalisation et d’acculturation des services. Nous avons ensuite rejoint OpenDataFrance afin d’inscrire cette démarche dans un cadre collectif et d’utiliser les référentiels existants plutôt que de construire des solutions isolées.

Enfin, nous développons progressivement une culture de la donnée au service du pilotage territorial. Notre ambition n’est pas uniquement de publier des jeux de données, mais de produire une information utile aux élus, aux partenaires et aux citoyens. L’open data devient alors un prolongement naturel de notre démarche de transparence.

2. Quels bénéfices avez-vous observés depuis l’ouverture des données ?

Les bénéfices sont aujourd’hui davantage perceptibles en interne qu’en externe. Le premier changement est culturel. Lorsque les services savent qu’une donnée pourra être diffusée, ils portent une attention plus importante à sa qualité, à sa traçabilité et à sa mise à jour. L’open data agit ainsi comme un levier d’amélioration des processus internes. Le second bénéfice concerne le dialogue entre services. Une donnée structurée est plus facilement partagée et réutilisée, ce qui limite les doubles saisies et facilite les analyses transversales.

À ce stade, nous n’avons pas encore identifié de réutilisation majeure par des acteurs extérieurs. Pour une intercommunalité de 20 000 habitants, ce n’est d’ailleurs pas l’indicateur le plus pertinent. Nous avons 81 jeux de données en ligne à ce jour. Notre objectif est d’abord de constituer un patrimoine de données fiable, qui pourra ensuite être réutilisé par les citoyens, les chercheurs, les entreprises ou d’autres collectivités.

Je considère que la première réutilisation réussie est souvent celle que réalise la collectivité elle-même.

3. Vous avez exprimé une certaine prudence face à l’intelligence artificielle. Où en est votre réflexion aujourd’hui sur l’articulation entre IA et données territoriales ?

Ma conviction s’est renforcée avec le temps. Nous parlons beaucoup d’intelligence artificielle, mais pas assez de l’intelligence collective qui produit les données. La question n’est pas seulement technologique : elle est profondément humaine. Une donnée de qualité n’apparaît pas spontanément. Elle résulte d’une chaîne de responsabilités qui mobilise toute l’organisation.

L’agent de terrain est le premier maillon. C’est lui qui observe, sélectionne les informations réellement utiles, les renseigne, les met à jour et les partage avec ses collègues. Cette activité est souvent considérée comme une tâche administrative supplémentaire, alors qu’elle constitue déjà une partie du pilotage de l’action publique. L’encadrement intermédiaire joue ensuite un rôle déterminant. Il garantit la qualité des données, veille à leur actualisation, interroge leur intérêt pour le pilotage ou leur ouverture en open data et apporte les éléments qualitatifs qui donnent du sens aux indicateurs.

Enfin, les cadres dirigeants doivent pouvoir s’appuyer sur cette chaîne de confiance. Leur rôle n’est pas de vérifier chaque chiffre ou de reconstruire eux-mêmes les tableaux. Ils doivent disposer d’informations suffisamment robustes pour consacrer leur temps à l’analyse, à la mise en perspective, à l’identification des corrélations et à la préparation des décisions. C’est probablement là que se situe aujourd’hui le principal défi. Dans beaucoup d’organisations, les dirigeants passent encore une part importante de leur temps à consolider ou à vérifier les données avant même de pouvoir réfléchir. C’est autant de temps qui n’est pas consacré à la stratégie.

Je ne crois pas que cela relève d’un manque de bonne volonté. Nous sommes face à une évolution culturelle. Pendant longtemps, les administrations ont été organisées pour produire des procédures, des actes et des dossiers. Elles doivent désormais apprendre à produire, entretenir et partager un patrimoine de données. Cela suppose de la méthode, de la confiance et de la formation, dès les écoles de service public et tout au long de la carrière.

L’intelligence artificielle ne changera pas cette réalité. Elle en révélera au contraire les forces et les faiblesses. Une IA alimentée par des données rigoureuses sera un formidable outil d’aide à la décision. Alimentée par des données incomplètes ou peu fiables, elle ne fera qu’accélérer les erreurs.

Je dis à mes élus : « La qualité d’une organisation ne se mesure pas au temps qu’elle consacre à produire des données, mais au temps qu’elle libère à ses dirigeants pour penser grâce à des données auxquelles ils peuvent faire confiance. »

DonnéesEco-Jcc
Jean-Claude Cuvillier – DGS | Cœur de France

Annexe : Jeux de données populaires

Le score de popularité est le résultat d’un calcul qui utilise le nombre de téléchargements, de réutilisations et d’appels API d’un jeu de données. Plus le score est élevé, plus le jeu de données est utilisé.

Score de popularité
Délibérations15.1
Il était une fois… Coeur de France8.7
Tarifs appliqués en 20257.8
Cyclotourisme – Véloroutes en région Centre-Val de Loire6.5
Equipements sportifs4.9
Inventaire intercommunal de l’éclairage public4.8
Annuaire des professionnels de santé dans la Communauté de Communes Cœur de France4.7
Lieux et équipements culturels4.5

Pour découvrir les autres indicateurs : https://opendata.cc-coeurdefrance.fr/pages/accueil/